
Photo agence Opale, B. Cannarsa
Je partage le coup de cœur de Chimère !
Caractéristiques : Polars écossais (un baptême en ce qui me concerne), politiquement incorrects, qui prennent le temps d’installer leur intrigue, avec un C, voire un D, qui n'arrivent vers la 100° page, sachant que A et B n’ont rien à voir, et que A est souvent choquant.
Petite bombe noire
Editions de l’Aube, 2003
Au début, on se demande bien où on va : beaucoup de personnages que l’on suit momentanément, dans différentes pistes, on a un peu de mal à raccorder le tout. Mais le fil conducteur devient peu à peu apparent, et on est séquestré dans une intrigue haletante. Pourtant, de longues pauses s’intercalent, reprenant le passé des protagonistes, resserrant les mailles d’un filet qui a un petit goût de destin…
Un prof d’anglais qui a grande peine à s’imposer à ses élèves, deux d’entre eux parmi les plus rebelles qui vont être bien punis de leur curiosité, un terroriste sans états d’âmes et une petite inspectrice hargneuse et obstinée, voici nos compagnons de route pour ces 500 pages vibrionnantes (mot de Libération, j’adore !)
Pour autant, l’inspectrice de Xavia, si elle apparait bien dans ce premier opus des aventures qui lui sont consacrées, est loin d’en être l’héroïne principale. C’est la plume de Christopher Brookmyre qui prend toute la place, infiltrant sa vision d’un noir absolu de la société, plaçant de petites bombes caustiques, distillant des amitiés, de l’amour, des références musicales, cinématographiques, un peu de grossièretés, et surtout un grand pouvoir narratif.
Prévoyez une nuit très courte suivie d’une journée sans aucune autre activité que la lecture, ou ne commencez pas ce roman !
Traduction (Ecosse) d’Emmanuelle Hardy-Seguin
535 p.
Petit bréviaire du braqueur
Editions de l’Aube, 2004
Mais quel brio, quel humour, quelle classe a Christopher Brookmyre !
Cet opus traite de prestidigitation, et fort logiquement, sa construction s’en inspire. Je ne peux donc – à mon grand regret – pas disserter des changements dans la narration, pas dire tout ce à quoi les différentes parties m’ont fait penser, rien révéler, non, n’insistez pas.
Bon d’accord.
Ne partez pas, j’ai dit oui.
Allez, quoi, écoutez-moi un peu !
Oh et puis non.
A moins de lire (ce que je vous conseille fortement), Petit bréviaire du braqueur, vous ne saurez rien du sept de carreau, d’En attendant Godot, des yeux bleus comme des lacs, de braquages insensés ou de règlements de comptes mafieux, tant pis.
Peut-être que si vous avez lu Le prestige de Christopher Priest vous avez une petite idée de ce qu’on peut trouver ici.
Mais peut-être pas.
En tout cas si vous aimez vous faire des nœuds au cerveau, jetez-vous dessus, vous allez pouvoir augurer, conjecturer, présupposer, soupçonner, mais en vain : l’issue est magique.
Ah, une dernière chose, Angélique de Xavia part pour Paris dans le troisième opus, par conséquent Zal est à moi, que les choses soient bien claires.
Traduction (Ecosse) d’Emmanuelle Hardy-Seguin
459 p.



